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Éolien en mer : la France revoit ses ambitions à la hausse

Le 02 juillet 2019

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Malgré les appels d’offres lancés en 2012 et l’important potentiel de développement lié à ses différents espaces maritimes, la France ne compte toujours pas de parcs éoliens offshores en activité sur son territoire.


Éolien en mer : la France revoit ses ambitions à la hausse

Partie 1 Éolien en mer : la France revoit ses ambitions à la hausse

Pourtant, l’éolien en mer est perçu comme une filière renouvelable d’avenir, à même d’aider la France à atteindre ses objectifs écologiques et d’accélérer sa croissance économique. C’est en tout cas une stratégie qu’ont adopté un certains nombres de nos voisins européens.


Afin de relancer une filière qui n’a jamais vraiment trouvé son premier souffle, le gouvernement a présenté une série de mesures destinées à poser clairement ses ambitions pour l’éolien offshore et pour dynamiser le développement de parcs dans les eaux françaises. Décryptage.


Le gouvernement fait des annonces concrètes


À l’occasion de son déplacement à Saint-Nazaire le 14 juin, le ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy a confirmé la volonté du gouvernement de rattraper le retard accumulé par la filière de l’éolien en mer ces dernières années.


Soucieux de faire des énergies renouvelables maritimes une composante essentielle de sa politique énergétique, l’État semble désormais décidé à se donner les moyens d’accélérer le déploiement de l’éolien en mer.


“Le vent étant plus fort et plus régulier en mer, les éoliennes y tournent environ deux fois plus que sur terre. Les éoliennes installées en mer sont par ailleurs en moyenne deux à quatre fois plus grandes que les éoliennes terrestres ; et produisent donc plus d’énergie. Enfin, la taille des espaces en mer permet d’installer un grand nombre d’éoliennes pour des puissances totales importantes, équivalentes à la moitié d’un réacteur nucléaire par parc”.


Ces caractéristiques font de l’éolien offshore une véritable opportunité pour l’atteinte des objectifs de notre transition énergétique. Le gouvernement a ainsi finalement décidé de revoir à la hausse ses ambitions en matière de déploiement de turbines éoliennes en mer.


Alors que le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie publié en janvier annonçait le lancement annuel de 750 MW de projets éoliens jusqu’en 2024, François de Rugy a officialisé le rehaussement de cette ambition en fixant un objectif annuel de 1 GW attribué par appels d’offres.


Fin du calvaire pour le parc éolien de Saint-Nazaire


La prise de parole du ministre en Loire-Atlantique était également le moment idéal pour officialiser le lancement du premier parc éolien en mer français.


François de Rugy a en effet indiqué que le Conseil d’État avait décidé de rejeter les recours déposés contre le projet de parc éolien de Saint-Nazaire. Ce site sera donc la première concrétisation des nouvelles ambitions françaises.


Développé par le groupe français EDF Renouvelables avec des turbines construites par le groupe américain General Electric dans la région, le parc éolien de Saint-Nazaire affichera une puissance cumulée totale de 480 MW. Pour atteindre cette puissance, ce ne sont pas moins de 80 éoliennes qui seront déployées au large des côtes nazaréennes d’ici l’horizon 2022.


Ce ne sont pas moins de 80 éoliennes qui seront déployées d’ici 2022 au large des côtes nazaréennes. Ces turbines, qui seront assemblées sur les sites industriels de Saint-Nazaire, afficheront une puissance cumulée totale de 480 MW.


“[Ces turbines éoliennes offshore] permettront de couvrir 20% de la consommation électrique du département de la Loire-Atlantique et généreront 8 millions d’euros par an de recettes fiscales pour les collectivités locales et les pécheurs”, s’est félicité le successeur de Nicolas Hulot.


De nouveaux projets émergent


Afin de donner un petit coup d’accélérateur à l’émergence d’un parc éolien offshore conséquent, François de Rugy a également officialisé la réalisation immédiate d’un nouveau projet. Il a en effet annoncé la décision d’attribuer la construction et l’exploitation du parc éolien de Dunkerque au groupement composé d’EDF Renouvelables, Innogy et Enbridge.


Cet ambitieux projet éolien en mer alignera 45 éoliennes offshore au large de Dunkerque, dans les eaux de la mer du Nord.


Il affichera ainsi une puissance cumulée totale de 600 MW qui lui permettront de générer annuellement plus de 2,3 TWh d’électricité.


Ce volume devrait permettre de couvrir la consommation de près de 500.000 ménages d’ici l’horizon 2026.


“Le tarif proposé par le groupement, qui est notablement inférieur à 50€/MWh, a été le mieux classé par la Commission de régulation de l’énergie qui a réalisé l’instruction de l’ensemble des projets. Il s’agit ainsi d’un tarif comparable aux meilleurs résultats européens, qui démontre la compétitivité de la filière française de l’éolien marin”, a précisé le gouvernement dans un communiqué officiel.


Avec les projets offshore de Guérande-Saint-Nazaire (480 MW), du Fécamp (498 MW) et de Courseulles-sur-Mer (450 MW), il s’agit du quatrième parc éolien en mer dont EDF se voit confier le développement.


Reste qu’après plusieurs années de déboires qui ont perturbé son émergence, la filière éolienne offshore française semble plus que jamais prête à décoller.


Source : www.lemondedelenergie.com



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