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2020 : Forte baisse de la demande d'énergie

Le 06 mai 2020


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Ce lundi 4 mai 2020, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a publié un rapport détaillant ses prévisions pour l’année 2020, en prenant en compte la crise économique provoquée par la pandémie mondiale de Covid-19. La demande en énergie devrait connaître une baisse historique de 6% par rapport à 2019, mais avec une hausse de 1% des renouvelables. Ces derniers sont en effet favorisés par leurs prix et les dispositifs les rendant prioritaires dans les réseaux de distribution d’électricité.




Une baisse historique de la demande en énergie dans le monde


2020 : année noire pour la demande en énergie, année verte pour les renouvelables ? Le raccourci est simpliste, mais c’est bien ce qui ressort du rapport publié ce lundi 4 mai 2020 par l’AIE  sur la consommation énergétique pour l’année 2020. L’agence a ainsi analysé les données énergétiques d’une centaine de journées des premiers mois de 2020, et en a corrélé une analyse détaillée de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les dépenses et émissions énergétiques.


Le premier enseignement est que la demande en énergie devrait s’effondrer de 6% en 2020, par rapport à 2019. Soit la plus forte chute depuis la Seconde Guerre Mondiale. Et, en chiffre absolu, la plus forte de l’histoire.


Par source d’énergie, l’AIE prévoit une baisse spectaculaire de la demande en pétrole  (9%) et en charbon (8%). La consommation de gaz se maintient davantage, mais chuterait tout de même de 5%. En conséquence, les émissions de CO2 devraient diminuer de 8% sur l’année 2020, la plus forte baisse de l’histoire là aussi. Les émissions retrouveraient ainsi leur niveau de 2010.


Quant au nucléaire, il résisterait mieux à la pandémie, car il a la priorité sur les centrales thermiques pour l’injection sur les réseaux : l’AIE anticipe une baisse d’un peu plus de 2% pour l’énergie atomique en 2020.


Malgré la crise, les renouvelables maintiennent leur croissance


En revanche, les énergies renouvelables devrait maintenir leur croissance. De 1,5% sur le premier trimestre 2020, elle devrait rester un peu en dessous des 1% sur l’ensemble de l’année. La majorité des gestionnaires d’énergie dans le monde favorisent en effet les énergies renouvelables.


Trois grandes raisons à cela : d’abord, une fois installées, les renouvelables produisent souvent une électricité moins chère que les centrales conventionnelles. Ensuite, dans l’optique de soutenir la transition énergétique, de nombreux régulateurs rendent les renouvelables prioritaires pour l’injection sur les réseaux d’électricité. Même si la demande baisse, la production renouvelable est donc plus facilement consommée. Enfin, les vents et l’ensoleillement ont été particulièrement forts en Europe et aux Etats-Unis début 2020, conduisant à une production renouvelable globalement plus élevée.


Si bien que la part du renouvelable dans l’approvisionnement électrique mondial   devrait atteindre 30% en 2020, contre 26% en 2019. Pour autant, les usines d’éoliennes et de panneaux solaires étant, dans le monde entier, ralenties, voire à l’arrêt, la croissance de la puissance renouvelable installée devrait connaître un recul sur l’année. «Il est encore trop tôt pour déterminer les impacts à long terme, mais le secteur de l’énergie qui sortira de cette crise sera différent de celui qui l’a précédé» , conclue Fatih Birol, directeur de l’AIE.




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