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Alstom à nouveau sur les rails

Le 05 mai 2017


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Pour sa première année pleine sans son pôle énergie, revendu à General Electric, Alstom affiche un vrai regain de forme.




Le constructeur ferroviaire Alstom a terminé dans le vert sa première année complète depuis la vente de son pôle énergie à l'américain General Electrics (GE) et en a profité pour confirmer ses objectifs pour 2020 et verser de nouveau un dividende à ses actionnaires. Le groupe a réalisé, lors de son exercice décalé 2016/2017, clos le 31 mars, un bénéfice net de 289 millions d'euros, selon un communiqué de résultats publié jeudi.


La cession de ses activités énergie à GE, finalisée le 2 novembre 2015 pour 9,7 milliards d'euros, lui avait permis de dégager un bénéfice net de 3 milliards d'euros l'année précédente, après une perte nette de 719 millions d'euros en 2014/2015. Sur son exercice annuel, Alstom a enregistré une croissance de 6% du chiffre d'affaires, qui s'est établi à 7,3 milliards d'euros, dont 43% provenant de la vente de trains, et 57% des activités de signalisation, systèmes et services (54% l'an passé), "en ligne avec l'objectif de 60% en 2020", souligne Alstom dans un communiqué.


Le cash-flow (capacité d'autofinancement) libre s'est élevé à 182 millions d'euros, tandis que la dette nette est restée stable à 208 millions d'euros. Le groupe confirme ainsi ses objectifs pour 2020, annoncés il y a un an, notamment une croissance organique de 5% par an du chiffre d'affaires et une marge d'exploitation ajustée d'environ 7%.


10 milliards de commandes

Alstom a enregistré "10 milliards d'euros de commandes pour la troisième année consécutive" et "propose de renouer avec les dividendes", a déclaré Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom, dans le communiqué de presse.


Le constructeur n'avait pas versé de dividende à ses actionnaires depuis juillet 2013, et proposera, lors de sa prochaine assemblée générale le 4 juillet, un dividende de 0,25 euro par action. Toutefois, en février 2016, 3,2 milliards d'euros leur avaient été versés dans le cadre de la vente du pôle énergie d'Alstom à GE.


Le groupe ne donne en revanche pas d'objectif de croissance externe, mais a "une stratégie (...) qui n'a pas besoin, pour survivre, d'acquisition. Donc les acquisitions, c'est toujours des plus, nous ne sommes pas en position de faiblesse où nous voudrions faire une acquisition pour survivre", a indiqué Henri Poupart-Lafarge lors d'une conférence de presse. "On imagine qu'il va y en avoir, nous avons un bilan extrêmement sain, ça serait étonnant que nous ne trouvions pas des opportunités", a-t-il toutefois souligné.


Sauvetage de Belfort

La publication de ces résultats annuels intervient six mois après le sauvetage gouvernemental de l'usine de Belfort, berceau de la première motrice TGV dans les années 1970, que le groupe souhaitait fermer faute d'activité suffisante. L'Etat, actionnaire d'Alstom, avait alors promis des commandes de trains, mais c'est finalement la SNCF qui déboursera entre 470 et 480 millions d'euros pour 15 rames TGV - un montant que l'Etat s'est engagé à compenser en partie. "Il ne faut pas se tromper, 15 TGV, même si on peut penser que ça coûte trop cher, ça reste très marginal dans les 10 milliards de commandes", a commenté Henri-Poupart Lafarge, soulignant que "c'est moins de 30 millions la bête, comme on dit, donc 15 TGV c'est moins de 450 millions" d'euros.


Le gouvernement siège depuis février 2016 au conseil d'administration d'Alstom grâce à des actions prêtées par le groupe de BTP, médias et télécommunications Bouygues jusqu'en octobre 2017. "La contribution d'Alstom au résultat net du premier trimestre 2017 de Bouygues s'élève à 45 millions d'euros, contre une contribution de 0 million d'euros au premier trimestre 2016", a précisé dans un communiqué Bouygues, qui publiera le 17 mai ses résultats du premier trimestre.


Deux autres commandes de trains avaient été annoncées en octobre pour éviter la fermeture de Belfort: 6 TGV pour la liaison à grande vitesse Paris-Turin-Milan (200 millions d'euros), et 20 locomotives diesel affectées au secours des trains en panne, (80 millions d'euros). Les discussions sont toujours en cours.


Source : www.challenges.fr  et avec AFP




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