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EDF choisit Penly pour de futurs EPR

Le 21 décembre 2020


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Dans l'hypothèse où l'Etat déciderait de passer commande de nouveaux réacteurs de ce type après la présidentielle, l'électricien plébiscite le site de Penly, près de Dieppe, pour accueillir deux éventuels réacteurs de nouvelle génération.




Le feu vert de l'Etat à une éventuelle poursuite du programme EPR n'est pas attendu avant 2023 et la mise en service de Flamanville (Manche). Pourtant, le sujet de la localisation de ses six réacteurs, s'ils devaient être construits un jour, « a été abordé en conseil d'administration d'EDF mercredi », a indiqué l'électricien français. L'industrie nucléaire, c'est le royaume du temps long, et il convient de se préparer à toutes les éventualités techniques dans un calendrier qui n'est pas forcément celui du monde social et politique…


« Les analyses technico-industrielles nous ont conduit à considérer que les conditions sur le site de Penly paraissent adaptées », notamment en termes d'espace, précise le groupe. Un projet similaire avait déjà été envisagé il y a une dizaine d'années sur ce site situé en Seine-Maritime. L'implantation d'un EPR à Penly, à 15 kilomètres au nord-est de Dieppe, où existe déjà une centrale nucléaire, avait été décidée en 2009 par Nicolas Sarkozy, avant d'être abandonnée quelques années plus tard.


Autonomie stratégique


Logiquement, la CGT de Penly s'est félicitée du choix de ce site normand. « EDF a annoncé lors du comité social économique central que le site de Penly avait été retenu pour la construction de deux EPR. Cette annonce est une très bonne nouvelle pour la filière d'excellence qu'est le nucléaire », s'est réjoui le syndicat. « Cela permettra de faire perdurer le savoir-faire tout en créant des centaines d'emplois. Cela est une excellente nouvelle pour l'économie locale », ajoute-t-il.


A vrai dire, les choses sont encore loin d'être calées. Même si EDF et ses fournisseurs en matière nucléaire précisent leurs plans, la décision n'est pas prise de construire en France de nouveaux réacteurs nucléaires. Ce sujet plus que polémique risque de faire l'objet d'âpres et passionnés débats lors des prochaines élections présidentielles. Le résultat du scrutin pourrait largement influencer le futur visage du nucléaire tricolore, et l'importance future des énergies renouvelables dans la production d'électricité en France. Le coeur de la discussion relève de la fiabilité, de la sécurité - le réchauffement climatique progresse avec ses conséquences sur l'élévation du niveau de la mer et des aléas climatiques-, et du coût de chacune des solutions.


La semaine dernière, Emmanuel Macron avait abordé le thème lors d'une visite sur le site industriel du groupe Framatome du Creusot pour soutenir la filière nucléaire civile et militaire. « Le nucléaire restera la pierre angulaire de notre autonomie stratégique », avait affirmé le chef de l'Etat, lors de cette semaine consacrée à l'environnement et aux énergies décarbonées.


« La décision définitive de construction de nouveaux réacteurs doit être préparée et devra être prise au plus tard en 2023 lorsque Flamanville 3 sera entré en service », avait ajouté le chef de l'Etat. Le tout premier EPR français à Flamanville (Manche) connaît de nombreux et gigantesques retards et surcoûts, et sa mise en service a été maintes fois repoussée. Pour convaincre toutes les parties prenantes de sa capacité à déployer de nouveaux réacteurs au bon coût, EDF devrait d'abord faire preuve de sa capacité à boucler enfin le chantier de Flamanville et à gérer les chantiers de prolongation des réacteurs les plus anciens. Pas moins de trente-deux réacteurs - sur les 56 dont dispose EDF en France -, atteindront 40 ans d'âge au cours de la prochaine décennie.


Source : www.lesechos.fr



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