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Éolien en mer : Le souffle allemand

Le 21 novembre 2018


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Avec 40 % d’électricité produite par les énergies renouvelables, l’Allemagne est en bonne voie pour atteindre son objectif de 80 % en 2050. Pour cela, le pays compte sur l’éolien en mer, en plein développement. Une situation à l’opposé de celle de la France qui peine encore à mettre en route ses premiers parcs offshore.




Sept. C’est le nombre d’années qu’il aura fallu à la société espagnole Iberdrola, premier groupe énergétique ibérique, pour mettre en service son premier parc éolien offshore en mer Baltique allemande, Wikinger. Onze ans, c’est ce qu’il faudra, au mieux, à Ailes Marines, détenue à 70 % par Iberdrola, pour rendre opérationnel le parc offshore de 62 éoliennes en baie de Saint-Brieuc.


« L’Allemagne est très favorable aux énergies renouvelables », reconnaissait, presque jaloux, Emmanuel Rollin, le directeur d’Ailes Marines, lundi 29 octobre, à l’occasion de l’inauguration officielle du parc Wikinger et de ses 70 éoliennes. « Quand Angela Merkel a annoncé, en 2011, qu’elle voulait sortir du nucléaire, tout le monde a suivi, notamment concernant l’éolien offshore. Résultat, ils font partie des pionniers dans ce domaine ».


« En Allemagne, on ne fait plus attention aux éoliennes »


Un premier parc éolien en mer du Nord inauguré en 2010. Dix-huit dans les eaux territoriales germaniques huit ans plus tard, pour un total de 1 169 éoliennes en mer. Pour la majorité des Allemands, et contrairement à la France, l’installation de ces moulins à vent géants à quelques dizaines de kilomètres des côtes ne fait presque plus débat depuis plusieurs années, à l’exception d’associations environnementalistes comme la Nabu.


« Aujourd’hui, tout le monde en Allemagne a conscience qu’il faut accélérer la mutation vers les énergies renouvelables », assurait Boris Schucht, le directeur général de 50Hertz, gestionnaire de réseau de transport d’électricité en Allemagne, à l’occasion de l’inauguration de Wikinger.


Même l’aspect esthétique, élément important des oppositions aux futurs parcs offshore en France, ne freine pas les projets. « En Allemagne, on ne fait plus attention aux éoliennes terrestres depuis bien longtemps. C’est en train de devenir la même chose en mer », assure un cadre de 50Hertz. « Au début, les habitants voulaient que les éoliennes soient très loin des côtes. Maintenant, ils s’en moquent un peu ».


Quinze gigawatts produits en 2030


Avec une sortie du nucléaire prévue pour 2022, l’Allemagne semble obligée d’en passer par les énergies renouvelables. Il y a quelques années, l’État fédéral allemand s’était fixé comme objectif d’atteindre 80 % de son électricité issue des énergies renouvelables en 2050. Le pays en est actuellement à 40 % et reste fortement tributaire du charbon, une des manières les plus polluantes de produire de l’électricité. « Pour l’avenir de nos enfants, il faut poursuivre le tournant du renouvelable », soutenait le patron de 50Hertz, à l’occasion de l’inauguration de Wikinger.


L’éolien en mer, qui ne compte que pour 2,7 % de la production d’électricité en 2017, pourrait permettre d’accentuer ce tournant. Outre-Rhin, l’ambition affichée est de voir, d’ici 2030, les parcs éoliens allemands en mer générer 15 gigawatts d’électricité. Soit l’équivalent, selon l’État allemand, de la production annuelle d’environ douze centrales nucléaires.


Avec des appels d’offres planifiés jusqu’en 2030, ce qui rassure les acteurs industriels, l’éolien offshore a donc le vent en poupe en Allemagne. Résultat : alors que les recours freinent son premier parc éolien en France (lire ci-dessous), Iberdrola s’est déjà lancé dans la mise en route de deux nouveaux parcs en mer Baltique allemande.


Source : www.letelegramme.fr




Thèmes : autre electricite
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