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France : L'éolien offshore est à la peine

Le 28 décembre 2018


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Depuis 2011 et le lancement du premier appel d’offres français, l’éolien offshore a du mal à se faire une place en France. L’accent est souvent mis sur le solaire et l’éolien terrestre, mais les parcs éoliens en mer semblent être les laissés pour compte de la transition énergétique française. Et avec la nouvelle PPE, cela ne devrait guère changer, en dépit du décret publié le 21 décembre 2018 pour compléter le régime de contentieux “applicable à certaines décisions relatives aux installations de production d’énergie renouvelable en mer“…




Dunkerque : le projet d’éoliennes en mer sera bouclé en 2019


A l’occasion du comité interministériel de la mer (CIMer), le gouvernement a annoncé le 15 novembre 2018 des précisions sur le projet de parc éolien offshore au large de  Dunkerque. Ce futur champ éolien s’étendra sur une superficie totale de 70 km2. Ce parc d’une puissance de 500 MW sera situé à 10 km au large de Dunkerque. A ce stade, plusieurs concurrents ont déjà manifesté leur intention de participer.


Le premier ministre Edouard Philippe, ancien maire du Havre, a toutefois indiqué que le choix de l’entreprise pour construire le parc éolien offshore aura lieu mi-2019. Initialement, le choix aurait pourtant dû être fait en fin d’année 2018. Dix entreprises font déjà partie de la pré-sélection, effectuée par le gouvernement en mai 2017. Les français EDF et Engie font partie de cette liste, mais c’est également le cas d’Equinor (Norvège) ou de Vattenfall (Suède), des acteurs économiques qui ne sont pas encore engagés dans l’éolien offshore en France.


Des projets déjà en cours et bientôt 4 nouveaux chantiers ?


Autre grand chantier prévu pour l’éolien offshore français : le futur parc de Saint-Nazaire. Emmanuel Macron a fait du projet de Saint-Nazaire l’une des priorités de son quinquennat. Le projet est déjà bien avancé, et il devrait en toute logique être mis en service d’ici à 2022.


Par ailleurs, d’autres chantiers déjà en cours devrait également renforcer la part des EnR au sein du mix électrique français. C’est notamment le cas du parc prévu en Vendée, entre l’île de Noirmoutier et l’île d’Yeu. Pour tenter de répondre aux attentes des professionnels, un décret a justement été publié le 21 décembre 2018. Celui-ci complète notamment “le régime contentieux applicable à certaines décisions relatives aux installations de production d’énergie renouvelable en mer et leurs ouvrages connexes ‘.


Les industriels déçus par le gouvernement


Néanmoins la filière de l’éolien offshore s’est montrée déçue par les annonces du chef de l’Etat sur la future PPE. Le président Emmanuel Macron s’est engagé à déployer au maximum 5,2 GW d’éolien offshore d’ici à 2028, avec un objectif intermédiaire fixé à 2,4 GW pour 2023. Or c’est moins que ce qu’espérait la filière. Pour l’instant, seuls quatre nouveaux appels d’offres ont été annoncés d’ici la fin du quinquennat. Pour rappel, dans un récent rapport publié par la Cour des Comptes , les magistrats du Palais Cambon ont indiqué que déjà plus de 120 milliards d’euros avaient été consacrés au développement des énergies renouvelables intermittentes.


France Energie Eolienne (FEE), la fédération qui regroupe les professionnels de l’éolien, aimerait cependant revoir à la hausse les ambitions pour le pays. Le Syndicat des Energies Renouvelables aimerait aussi profiter davantage de la façade maritime hexagonale… Dans une interview, le président Jean-Louis Bal constate amèrement : “je pense à l’éolien en mer, pour lequel les trajectoires données et la programmation des appels d’offres ne nous paraissent compatibles avec la pérennisation d’une filière qui peut déjà créer 15 000 emplois avec les six premiers appels d’offres et a un grand potentiel d’exportation” .


L’éolien offshore offre de solides perspectives à l’international


De son côté, Béatrice Buffon, la directrice générale adjointe d’EDF Renouvelables, est montée au créneau pour défendre la filière. Elle estime dans une interview accordée au journal Ouest-France : “Ce qu’on espèce c’est que, d’ici une dizaine d’années, on atteigne des prix compétitifs car les technologies évoluent et les prix sont amenés à baisser .” Elle se montre également confiante sur le développement de la filière de l’éolien offshore au niveau mondial : “Aujourd’hui, l’Europe domine avec plus de 4 000 éoliennes installées en mer et des perspectives de développement important. La Chine et l’Amérique du Nord lancent aussi des programmes pour leurs grosses mégalopoles situées sur la côte comme New-York ou Shangaï.


Source : lenergeek.com




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