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Greenpeace et Total : le bras de fer

Le 09 avril 2018


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Greenpeace va mener une mission scientifique de 6 semaines afin d'explorer le récif corallien de l'Amazone alors que Total attend les autorisations pour démarrer son projet pétrolier dans la région.




La célèbre ONG Greenpeace a annoncé le 2 avril 2018 que l'Esperanza, son navire, fait cap vers le Brésil. Cette expédition sur les côtes d'Amérique du Sud a pour objectif d'explorer le récif corallien situé au large de l'embouchure de l'Amazone, découvert en 2016 et qui selon des organisations écologistes pourrait être menacé par des projets pétroliers. La mission de six semaines est menée avec des scientifiques brésiliens.


Un écosystème unique qui fait rêver les scientifiques


Greenpeace s'était déjà rendu pendant dix jours sur place début 2017 et avait rapporté les premières images du récif dont l'existence avait été révélée via un article paru dans Science Advances . Cette première exploration avait laissé "beaucoup de questions en suspens, d'où la nécessité de revenir faire une expédition scientifique " avec des récoltes des sédiments ou d'échantillons d'eau grâce à un robot sous-marin, a expliqué François Chartier, responsable de campagne océan de Greenpeace France, à l'AFP. L'ONG espère pouvoir aussi mener des recherches au large de la Guyane et attend les autorisations nécessaires côté français.


Il ne s'agit pas d'un récif continu, comme la grande barrière de corail en Australie, mais d'une structure en patchs dispersés. Sa superficie totale est estimée à environ 9.500 kilomètres carrés. "Ce type de construction dans le panache de l'Amazone est assez surprenant ", souligne Thierry Perez, directeur de recherche au CNRS. En général les embouchures des grands fleuves, caractérisées par des courants importants, de nombreux sédiments et des eaux peu claires, ne sont pas propices au développement de coraux. Ce récif servirait de "zone de transition entre les Caraïbes et les côtes brésiliennes ", alors qu'on pensait que l'Amazone représentait une barrière entre ces deux zones ", d'où son importance, poursuit le scientifique. Il s'agit d'un écosystème "unique ", renchérit Serge Planes, directeur de recherche au CNRS qui doit rejoindre l'expédition de Greenpeace à Cayenne.


Le projet pétrolier de Total dans la région au point mort


"Cet écosystème, dont les toutes premières images ont été réalisées seulement l'an dernier, n'a pas encore livré tous ses secrets. Malheureusement, il est déjà menacé par des projets pétroliers, notamment de Total ", explique dans un communiqué Edina Ifticene, la chargée de campagne Océans pour Greenpeace France. L'ONG critique les projets de la compagnie pétrolière française dans la région, pointant du doigt les dangers que représenterait une marée noire pour les coraux et demande une sanctuarisation de la zone. 


Total, au même titre que BP, a acquis des blocs pétroliers dans l'embouchure de l'Amazone lors d'enchères en 2013, mais n'a toujours pas obtenu la licence environnementale des autorités locales. En effet, l'Institut brésilien pour l'environnement (Ibama) a réclamé des informations complémentaires au sujet de l'étude d'impact environnementale fournie par l'entreprise française, jugée "insuffisante ". Total a répondu à la demande de l'Ibama fin janvier 2018, a précisé une porte-parole du géant pétrolier. "L'agence environnementale examine actuellement l'étude d'impact environnemental complète de Total ", a-t-elle précisé. Et "les autorités brésiliennes pourraient rendre leur décision à tout moment ", assure Greenpeace.


Source : www.sciencesetavenir.fr  avec l'AFP




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