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Indre-et-Loire : de l'amiante dans des écoles

Le 24 février 2020


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Une vingtaine d’établissements scolaires contiennent de l’amiante, en Indre-et-Loire, selon une enquête de 2016. Ceux-ci ne représentent que la partie émergée de l’iceberg.




Cloisons, fibrociment, colles, conduits de canalisation… Plus de vingt ans après son interdiction, l’amiante reste bien présente dans de nombreux établissements scolaires. Un rapport de l’Observatoire de la sécurité des établissements scolaires (ONS), révélé par Libération le 4 février dernier, alerte sur l’ampleur du phénomène. Sur 12.418 diagnostics amiante, 7.261 attestaient la présence de ce matériau aux risques avérés pour la santé.


« Les risques existent même avec de faibles expositions »


L’Indre-et-Loire n’est pas épargnée. Écoles, collèges, lycées : la présence d’amiante serait attestée dans au moins vingt-deux établissements du département. A Chinon, au lycée François-Rabelais, le rapport exigeait même des travaux. « Il y avait de l’amiante dans la chaufferie, qui ne présentait pas de danger particulier, précise le proviseur de l’établissement. Cela a été désamianté lors des dernières vacances de la Toussaint. »


Mais ces chiffres ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. « Jusqu’à son interdiction en 1997, l’amiante a été beaucoup utilisé dans les constructions, explique André Letouze, vice-président local de l’Association de défense des victimes de l’amiante (Adeva). On en retrouve dans les sols, les plafonds, les cloisons… »


Aucun risque, tant que ces divers éléments ne sont pas dégradés. Mais il suffit de percer, par exemple, une cloison amiantée pour que des fibres cancérigènes s’en échappent. « Les risques existent même avec de faibles expositions », avertit André Letouze. L’Adeva Centre a ainsi défendu le dossier d’une enseignante décédée d’un cancer lié à l’amiante, dans un autre département.


Dans certains établissements, le problème reste cantonné à des annexes, caves ou greniers. Pour d’autres, les fibres toxiques sont enfermées dans les cloisons des salles de classe. Ainsi, à l’école primaire Rabelais, les enseignants ne peuvent pas fixer d’affiches sur les murs avec des punaises, par mesure de précaution. Les extincteurs, eux, restent pour l’instant déposés à même le sol, décrivent les parents d’élèves : les accrocher au mur nécessiterait un désamiantage.


« Les deux tiers des écoles de Tours étaient concernées par l’amiante », reconnaît Cécile Chevillard, adjointe à l’éducation. Depuis 2012, la ville fait réaliser des diagnostics trimestriels pour éradiquer la présence d’amiante. « Il y a des degrés divers de gravité en fonction des types d’amiante », tempère cependant l’élue.


En huit ans, 41 chantiers de désamiantage partiel ont été menés pendant les vacances estivales. « Les coûts sont énormes, la Ville fait chaque été pour 800.000 € de travaux, essentiellement pour l’amiante », précise Cécile Chevillard. Toutes les salles de classes ont ainsi été débarrassées de leurs anciens faux plafonds, où les fibres cancérigènes affleuraient.


Quinze autres écoles de la ville, vétustes, doivent de leur côté être détruites dans les dix prochaines années. Un chantier de plusieurs dizaines de millions d’euros, qui doit permettre aussi d’éradiquer la présence d’amiante.


Pour certains établissements, la charge financière est trop importante. A Luynes, le collège Lucie-et-Raymond-Aubrac souhaitait rénover son CDI. Mais la présence d’amiante a fait flamber les coûts : « Nous ne pouvons procéder à ces travaux et attendons une prise en charge du conseil [départemental] », commente l’établissement sur le site de Libération.


Sollicités, les conseils départemental et régional, en charge respectivement des collèges et lycées, n’ont pas donné suite à nos demandes d’informations.


Source : lanouvellerepublique.fr



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