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L'ONU dénonce les risques du dessalement de l'eau

Le 17 janvier 2019


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Alors qu’un demi-milliard de personnes dans le monde souffre d’une pénurie permanente d’eau potable, la technique du dessalement s’est beaucoup développée




L’accès à l’eau potable dans le monde est l’un des défis économiques et écologiques du siècle en raison de la démographie, du développement économique dans certaines zones ou encore du réchauffement climatique.


Entre 1,5 milliard et 2 milliards d’habitants de la planète manquent d’eau potable à certaines périodes de l’année. Et près d’un demi-milliard d’entre eux, selon l’ONU, est confronté à une pénurie permanente.


Pour couvrir les besoins dans les zones les plus arides, l’idée de dessaler l’eau de mer s’est répandue depuis les années 60. Dès lors, ces usines ont connu un véritable essor. On en recense 15 906 dans 177 pays, avec une capacité de production de 95 millions de m3 d’eau potable par jour.


Une production très polluante


Ces sites de dessalement permettent de couvrir l’intégralité des besoins en eau dans certains pays comme les Bahamas, Singapour ou Malte, ou la moitié comme aux Emirats arabes unis.


Mais cette technique a un coût pour l’environnement. Dans un rapport publié le 14 janvier, l’ONU tire la sonnette d’alarme. Le dessalement implique en effet des rejets de saumure en très grandes quantités, principalement dans les océans ou les mers.


Pour produire un litre d’eau consommable, il faut rejeter un litre et demi de saumure. L’ONU estime ainsi que, chaque jour, 142 millions de m3 de cette substance sont déversés dans la nature. Un chiffre supérieur de 50 % à toutes les estimations précédentes.


A titre de comparaison, ces rejets permettraient sur une période d’un an de recouvrir la superficie de la Floride, soit 151 940 km2, sous une couche épaisse de 30,5 centimètres.


Faire de la saumure une nouvelle ressource économique


Pour les Nations-unies, c’est au Moyen-Orient que se concentre le gros de la production des eaux dessalées. Elle passe par une élévation de la température de l’eau de mer, technique énergivore qui produit davantage de saumure que celle de la filtration par des membranes employée par exemple aux Etats-Unis.


Ces rejets bouleversent les écosystèmes marins en faisant des ravages sur la flore et la faune, alors qu’ils pourraient être exploités comme ressource. « La saumure peut représenter jusqu’à 33 % des coûts d’une usine », explique l’ONU, ajoutant que c’est « l’un des principaux obstacles » au développement du dessalement.


Les pistes des développements économiques de cette saumure sont nombreuses : aquaculture, production de plantes tolérantes au sel comme la spiruline. En outre, ce sel est selon l’ONU, une « mine » de magnésium, gypse, chlorure de sodium, calcium, potassium, chlore, brome, lithium…


Source : www.leparisien.fr




Thèmes : eau
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