Actualité

la Vie des Réseaux  > Actualité > Le penon électronique au service de l'éolien

Le penon électronique au service de l'éolien

Le 23 mai 2019


envoyer imprimer

Imaginé au sein de l’écurie de course au large de Michel Desjoyeaux, le penon électronique s’ouvre à de nouveaux marchés. Soutenue par l’Ademe, Mer agitée promet de meilleurs rendements à l’industrie éolienne.




Il équipe le maxi-trimaran de François Gabart et l’Imoca de Paul Meilhat, vainqueur de la dernière Route du Rhum. Baptisé Trimcontrol, le penon électronique, un filament qui donne l’orientation du vent, est né de la volonté de Michel Desjoyeaux de ne plus être obligé de sortir sur le pont pour vérifier le réglage de ses voiles dans le grand Sud. « À ma deuxième participation au Vendée Globe, je me suis dit, la prochaine fois, je la fais en chaussons », sourit le double vainqueur du tour du monde en solitaire et sans escale.


La solution, le « professeur » l’a rapidement trouvée, son écurie de course au large, Mer agitée, déposant le brevet du penon électronique dès 2008. « Très vite, je me suis dit qu’il pouvait y avoir des débouchés dans d’autres domaines », se rappelle le marin de Port-La-Forêt.


Testé sur deux éoliennes


Testé en mer dès 2012, l’e-penon occupe, depuis le dépôt de brevet, l’esprit de Dimitri Voisin, le responsable recherche et développement de l’entreprise installée sur le port de La Forêt-Fouesnant. La robustesse du boîtier électronique placé sur les voiles s’est confirmée en 2015, après les premiers essais sur une éolienne d’EDF renouvelables.


Au degré près, la queue mesure l’angle de l’écoulement de l’air sur la pale, comme elle le fait sur la voile. Une donnée transmise par ondes radio. Il ne reste plus qu’à régler le profil pour améliorer de 1, 2 ou 3 % le rendement et réduire le risque d’usure prématurée. Une opération aujourd’hui manuelle sur les éoliennes. La prochaine étape, pour Mer agitée, est d’avoir accès au pilote qui réglera l’angle des pales automatiquement.


Après l’installation d’e-penons sur deux éoliennes testées à Millau (Aveyron) et dans le sud de Rennes, l’objectif est désormais de valider la phase de pré-industrialisation sur un plus grand nombre de machines dès les prochains mois, dernière étape avant le développement industriel.


Une réponse à la dépendance énergétique


Une technologie qui, pour Gilles Petitjean, le directeur régional de l’Ademe, peut répondre aux enjeux de transition énergétique et écologique. Lauréat des projets Ademe en 2016, le penon électronique imaginé à La Forêt-Fouesnant a bénéficié d’un financement de 205 000 € au titre du Programme d’investissements d’avenir dans le cadre du projet de développement à l’éolien. Pour le directeur régional de l’Ademe, l’amélioration du rendement des éoliennes, même faible, est très intéressante lorsqu’elle est cumulée sur un grand nombre de machines. « L’indépendance énergétique de la Bretagne passera par le développement de l’éolien terrestre et offshore », souligne-t-il.


Une technologie pour laquelle Michel Desjoyeaux imagine déjà d’autres applications. Au-delà du marché de la plaisance et des superyachts, le transport maritime décarboné ou le réglage des panneaux de chalut sont autant de niches de marché.


Source : www.meretmarine.com




Thèmes : electricite
remonter Remonter