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Plusieurs raffineries et dépôts pétroliers bloqués

Le 11 juin 2018


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La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont appelé leurs adhérents à occuper au total 14 sites stratégiques durant trois jours reconductibles. Ils protestent notamment contre la concurrence de l'huile de palme importée sur le marché des biocarburants.




Depuis dimanche soir plusieurs raffineries et dépôts de carburants de Total font l'objet de blocages des agriculteurs. Lundi matin, les raffineries Total de Feyzin près de Lyon, de Gonfreville-l'Orcher près du Havre et de Grandpuits (Seine-et-Marne), de La Mède (Bouches-du-Rhône) sont bloquées ainsi que les dépôts pétroliers du port rhodanien Edouard Herriot, celui du port du Rhin, celui de Vatry (Marne), de Lespinasse près de Toulouse, Coignières (Yvelines) et de Cournon dans le Puy-de-Dôme. Les agriculteurs ont également prévu d'empêcher l'accès aux dépôts de Dunkerque (Nord), Grigny (Essonne), Gennevilliers (Hauts-de-Seine) ainsi qu'à une autre raffinerie Total à Donges (Loire-Atlantique).


La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, avait prévenu dimanche sur France info que «13 sites» seraient bloqués dès lundi matin 9 heures. Un chiffre à mettre en perspective avec les 7 raffineries et 200 dépôts dont environ 90 dépôts principaux, que compte la France.


Huile de palme


Les griefs des agriculteurs? Ils sont multiples. Sous le mot clé #SauvezLesAgri, la FNSEA, principal syndicat agricole, appelle à mener une action pour dénoncer les «contradictions» du gouvernement. Ce dernier exige en effet de ses agriculteurs des normes qu'il n'impose pas aux produits agricoles importés, et notamment l'huile de palme. Récemment, l‘État a autorisé Total à exploiter une bioraffinerie à La Mède, fonctionnant à l'huile de palme, importée d'Asie. Le groupe pétrolier français compte utiliser «300.000 tonnes» d'huile par an. Dans le détail, ces 300.000 tonnes couvriront moins de 50% de l'approvisionnement total de la raffinerie, a souligné auprès de l'AFP une porte-parole de Total. Cette activité est tout de même perçue comme une concurrence à la filière française du biodiesel, premier débouché de l'huile de colza, par la FNSEA. «Le gouvernement nous demande de monter en gamme et “en même temps” il autorise de grands groupes à importer de l'huile de palme à bas coût issue de la déforestation», s'est insurgé Olivier Dauger, administrateur à la FNSEA en charge des énergies renouvelables, au  Figaro   .


Le syndicat demande donc qu'avant l'application de toute nouvelle norme, soit effectuée une expertise économique et sociale. Cette raffinerie est «issue d'un accord signé entre le précédent gouvernement et Total. On n'a pas pour habitude de revenir sur des accords, on respecte cet accord, mais on le respecte avec vigilance», a déclaré le porte-parole de LREM Gabriel Attal, lors de l'émission Le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI. «On a demandé à Total de réduire la part d'importation d'huile de palme dans cette raffinerie, elle sera en dessous des 50% [et de] développer une haute qualité environnementale». Les agriculteurs «ne peuvent pas ignorer tout le travail» fait au niveau européen pour sortir de l'huile de palme, a-t-il aussi plaidé.


La loi Alimentation au cœur des débats


«Est-ce que les agriculteurs savent qu'il y a une société (le groupe coopératif Avril, NDLR)  qui leur est affiliée qui importe 200.000 tonnes d'huile de palme pour faire des biodiesels en France?», a déclaré la semaine dernière Patrick Pouyanné, patron de Total. «Nous utilisons 8,5%, d'huile de palme, ce qui correspond à un peu plus de 100.000 tonnes, pour 91,5% de colza et de tournesol», a réagi à l'AFP un porte-parole du groupe Avril. «Si on veut continuer à vendre le biodiesel de colza d'Avril, entre le biodiesel de soja argentin et le biodiesel de palme indonésien, si on ne met pas un peu de palme indonésien dans notre biodiesel, on n'a plus de clients». Dans une lettre aux députés, dont l'AFP a obtenu copie vendredi, Patrick Pouyanné a assuré que Total avait «indiqué au groupe Avril vouloir poursuivre l'enlèvement (l'achat, NDLR)  de 600.000 tonnes de biodiesel à base de colza à prix de marché et à approvisionner l'unité de la Mède avec 50.000 tonnes de colza français, et ce malgré l'impact économique négatif sur la marge de cette unité».


Autre sujet de discorde majeur, la loi Alimentation. Adoptée en première lecture et examinée à partir du 26 juin par le Sénat, elle instaure, selon le syndicat, «de nouvelles charges». La FNSEA exige notamment la réintroduction d'un amendement sur l'interdiction d'importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l'Union européenne, même à doses résiduelles. Les agriculteurs craignent également les répercussions de la baisse annoncée de 5% du budget de la politique agricole commune (PAC). Pour rappel, la France reçoit 9,1 milliards d'euros d'aide chaque année, sur un budget total annuel d'environ 50 milliards d'euros.


«La psychose entraîne la pénurie»


Faut-il craindre, dès lors, une pénurie de carburant dans les jours à venir? Contactée par Le Figaro  le 1er juin, l'Union française des industries pétrolières (Ufip) restait prudente. «Il ne faut surtout pas que les gens paniquent car la psychose entraîne la pénurie», rappelle-t-elle. Cette dernière assurait néanmoins qu'en cas de blocage des raffineries, «le niveau des stocks est important». De quoi rassurer les automobilistes qui auront besoin de faire leurs pleins habituels. Pour rappel, l'Hexagone dispose de trois mois de réserve de carburants pour faire face à un arrêt ponctuel d'approvisionnement extérieur.


Source: http://www.lefigaro.fr avec l'AFP




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