Bernard Riethmüller : un expert de haut vol
Le 21 novembre 2011
Fraîchement retraité, l’ingénieur des Ponts et Chaussées maintient un rythme de travail soutenu et met son expérience au service des professionnels des travaux publics.
Son CV indique Neuilly-sur-Seine comme lieu de naissance, mais c’est à Bécon-les-Bruyères, à quelques kilomètres de la banlieue chic de Paris, que Bernard Riethmüller a vécu ses toutes premières années. « Je dois mon lieu de naissance prestigieux à la clinique où ma mère a accouché » , s’amuse-t-il. Après une scolarité à l’école primaire de Chaville puis au lycée de Saint-Cloud et au lycée Hoche à Versailles, Bernard Riethmüller entre à Polytechnique puis intègre le corps des Ponts et Chaussées.
En 1972, le jeune ingénieur entame ses années au service de l’Etat par un poste un peu original. « J’étais en position de détachement en Polynésie française et j’ai notamment travaillé à la construction et à l’entretien d’ouvrages publics très variés comme des routes, des bâtiments publics, des systèmes d’alimentation en eau potable… J’ai vraiment eu le sentiment d’être utile » , se souvient-il. Le Popa’a, comme les Polynésiens appellent les métropolitains, apprécie ces trois ans et demi passés dans un endroit agréable à vivre, propice à tous les sports nautiques, mais où professionnellement il ne fallait pas rechigner pas à la tâche.
A son retour dans l’Hexagone, il prend un poste à la Direction Régionale de l’Equipement d’Ile-de-France et contribue à la mise en place de politiques d’aménagement du territoire innovantes, notamment celle dite des « Zones Naturelles d’Equilibre » (ZNE) dans la grande couronne parisienne. « C’était un travail très conceptuel et politique, mais avec des retombées très concrètes, qui exigeait de la concertation et des échanges avec des personnes de haut niveau » , analyse Bernard Riethmüller qui rejoint ensuite la Direction Départementale de l’Equipement du Val de Marne pour se rapprocher du terrain et s’occuper d’urbanisme opérationnel. « Délivrance des permis de construire, suivi et pilotage des zones d’aménagement, politique du logement social et contrôle des organismes HLM, maîtrise d’ouvrage de bâtiments publics… J’ai davantage touché du doigt la réalité économique et sociale et je me suis beaucoup impliqué dans la mise en œuvre des lois de décentralisation » . Désireux de se frotter d’encore plus près à la logique d’entreprise, Bernard Riethmüller rejoint la Sonacotra où il exerce la fonction de directeur général adjoint pendant un peu plus de deux ans. Après cette nouvelle expérience, convaincu que la sphère privée correspond à ses attentes, l’ingénieur des Ponts et Chaussées saute le pas tout en restant dans le domaine des équipements publics qu’il affectionne. « La logique d’entreprise privée me plaisait. Il faut savoir dépenser le moins possible et obtenir le plus possible de recettes » , résume-t-il.
C’est donc la Sade-Compagnie Générale de Travaux d’Hydraulique que Bernard Riethmüller rejoint en 1986. Avec son esprit curieux et rigoureux, il s’adapte facilement et se voit confier différentes responsabilités. « Il faut s’impliquer et entrer dans les sujets pour les comprendre. J’ai toujours trouvé de l’intérêt aux missions qui m’ont été données » , affirme-t-il. Les systèmes d’information, les affaires juridiques, les services centraux du matériel et des achats lui sont confiés au fil des années. Passionné par ses fonctions, le directeur de la Sade ne voit pas le temps passer et fera toute sa carrière privée au sein de l’entreprise. « Je suis resté avec d’autant plus de plaisir que la Sade est une entreprise où régnait une ambiance de travail très agréable » , souligne-t-il.
A la retraite depuis janvier dernier, Bernard Riethmüller n’en reste pas moins un homme très occupé. Véritable expert des affaires juridiques et réglementaires, il préside depuis février 2011 « l’Observatoire national DT-DICT après avoir présidé durant dix ans l’observatoire informel « DR-DICT » qui avait été créé pour améliorer l’application de l’ancienne réglementation relative aux travaux à proximité des réseaux. Cet acharné de travail, qui anime plusieurs groupes de travail au sein de la Commission des Marchés de la Fédération Nationale des Travaux Publics, apprécie tout simplement de rendre service. « J’aime être utile et quand on me propose une mission, je refuse rarement si je pense y être adapté » . Le dynamique retraité avoue également que ses responsabilités permettent une transition en douceur après une vie professionnelle très active. Bernard Riethmüller jongle ainsi entre le telé-travail à son domicile de Vincennes et les réunions à Paris et ailleurs.
L’homme sait aussi se réserver des moments de détente. Depuis toujours attiré par l’aviation, il a commencé à apprendre à piloter alors qu’il était encore étudiant. Vingt-cinq ans plus tard, il a achevé son cursus et obtenu son brevet de pilote privé. « Je pratique depuis bientôt vingt ans et j’affiche 1 300 heures de vol au compteur », fait-il savoir. Bernard Riethmüller et son épouse effectuent donc régulièrement des escapades en avion. « Ce loisir demande de rester humble car tout dépend de la météo. Sérieux et prudence doivent guider toutes les décisions. Et comme on dit dans le milieu, il n’y a pas de bons pilotes, il n’y a que de vieux pilotes ! » , estime le pilote expérimenté. Les mêmes qualités sont requises dans la pratique de la voile qu'il apprécie depuis son adolescence. « J’ai tiré des bords sur toutes les eaux françaises et sur plusieurs mers du monde » , reconnaît-il. Bernard Riethmüller est également un mélomane qui aime particulièrement le piano et la clarinette. Peut-être un jour prendra-t-il même des cours pour jouer de belles partitions… En attendant, de fréquentes sorties à l’opéra comblent ses oreilles averties. « Le festival de la Roque d’Anthéron fait aussi partie des rendez-vous que j’essaie de ne pas manquer » , indique le fringant sexagénaire sur le ton de la confidence.
Séverine Renard
