Rillieux-la-Pape, Aix-en-Provence et Annemasse ont choisi la filiale de GDF Suez pour construire ou moderniser et exploiter leur réseau de chaleur. Tour d’horizon de ces nouveaux contrats.
Partie 1
Cofely Sud-Est : une belle visibilité du siège de La Confluence à Lyon
Partie 2
La filière bois locale approvisionnera la chaufferie de Rillieux-la-Pape
Partie 3
Une interconnexion des différents sites du réseau d’Aix-en-Provence
Partie 4
Un nouveau contrat de délégation de service public remporté à Annemasse
Partie 5
Les réseaux de chaleur : respect de l’environnement et prix attractifs
Installée depuis un peu plus d’un an dans de nouveaux bureaux du quartier de La Confluence à Lyon, la direction régionale Sud-Est de Cofely a connu un bel été 2011 en remportant trois contrats de réseau de chaleur. A Rillieux-la-Pape dans le Rhône et à Aix-en-Provence dans les Bouches-du-Rhône, la filiale de GDF Suez a été retenue pour exploiter et moderniser le réseau de chaleur existant alors qu’à Annemasse (Haute-Savoie), il s’agit de construire avant d’exploiter un nouveau réseau de chaleur.
Dans le cadre du contrat de délégation de service public du chauffage urbain de la Ville Nouvelle de Rillieux-la-Pape, signé pour une durée de huit ans, Cofely s’est engagée à remplacer la centrale de production au fioul lourd existante par une centrale biomasse de 6 MW. Cet équipement, opérationnel en 2013, s’approvisionnera auprès de la filière bois locale pour ses besoins de 7 000 tonnes de bois-énergie par an. « Nous nous appuierons sur notre plateforme d’approvisionnement de Saint-Maurice de Gourdans située à 30 kilomètres
», précise Christophe Thévenon, directeur général de Cofely Sud-Est.
La nouvelle installation fonctionnera, en effet, à 90 % grâce au bois-énergie et à la récupération de l’énergie produite par l’incinération des déchets ménagers de l’unité de valorisation de Valorly (filiale de Sita / Suez Environnement). La facture énergétique devrait ainsi être réduite de 5 % et les émissions de CO2 de 80 % ! L’énergie d’appoint sera assurée par la chaufferie des Semailles qui sera modifiée en passant du fioul au gaz. « Pour éviter les pannes et autres dysfonctionnements, Cofely-Valorly a prévu de fiabiliser le réseau de canalisations avec un doublement de sécurité. Nous allons également évoluer en basse pression
», fait savoir Christophe Thévenon. La nouvelle chaufferie, construite sur un terrain à proximité de l’unité de valorisation énergétique de Valorly, démarrera au premier semestre 2012 pour une mise en service annoncée à l’automne 2013. L’investissement pour cet équipement dépasse 10 M€.
Retenu pour exploiter pendant douze ans les réseaux de chaleur d’Aix-en-Provence, mais aussi les développer et favoriser les énergies renouvelables, Cofely prévoit d’engager plus de 15 M€ dans le cadre de ce contrat de délégation de service public du chauffage urbain. Le projet consiste à construire une chaufferie bois-énergie de 16 MW sur le site de la chaufferie d’Encagnane permettant de baisser les tarifs de plus de 20 % lors de la mise en service en octobre 2013. La mise en œuvre d’un réseau de chaleur modernisé est également synonyme d’une réduction de 70 % des émissions de CO2. La chaufferie biomasse sera approvisionnée par la filière bois locale à hauteur de 23 000 tonnes de bois-énergie par an. Le complément de chaleur sera produit par l’installation de cogénération des Fenouillères qui fera l’objet d’une rénovation. Cofely a également prévu de moderniser le réseau de distribution par le passage en basse pression du réseau d’Encagnane et la création d’une liaison entre les réseaux d’Encagnane et des Fenouillères. Cette dernière opération augmentera de 30 % la taille du réseau.
Illustrant le développement des réseaux de chaleur urbain basés sur les énergies renouvelables, la Ville d’Annemasse a fait le choix de Cofely et a signé avec la société un contrat de délégation de service public de type concession pour la construction et l’exploitation d’un réseau de chaleur alimenté par une chaufferie biomasse. L’accord court sur 24 ans. De moindre importance que les projets de Rillieux-la-Pape et Aix-en-Provence, la chaufferie d’Annemasse sera composée de deux chaudières bois d’une puissance respective de 3,5 MW et 1 MW et d’une chaudière gaz en appoint. Six mille tonnes de bois seront nécessaires à cette chaufferie qui alimentera, d’ici septembre 2012, un réseau de 3,5 kilomètres desservant une cinquantaine de bâtiments.
Christophe Thévenon constate le développement des réseaux de chaleur depuis quelque temps. La réflexion post-Grenelle et les préoccupations environnementales incitent de plus en plus de collectivités à mener des projets dans ce domaine. « Les réseaux de chaleur existants se tournent vers les énergies renouvelables, surtout la biomasse, et abandonnent le charbon, le fuel ou le gaz. D’autres engagent des études pour créer des réseaux de chaleur alimentés par des énergies renouvelables, détaille le directeur régional Sud-Est de Cofely. Nos équipes sont capables d’intervenir aussi bien pour faire évoluer un réseau existant que pour créer un nouvel équipement
». Cofely intervient ainsi pour moderniser le réseau de Chambéry en Savoie et attend des réponses à des appels d’offre pour des projets de création. « Cette année, nous avons répondu à plus de dix appels d’offre
», estime Christophe Thévenon. Le Puy, Lyon-Villeurbanne et Dijon figurent parmi les dossiers qui intéressent Cofely.
« Les chaufferies biomasse ont un réel avenir. Le coût de la matière est moins fluctuant que les énergies fossiles ; les prix pratiqués sont donc plus faibles. De plus, on crée une vraie filière basée sur l’économie locale. C’est un modèle différent avec des enjeux économiques et sociaux importants. Il faut parvenir à structurer la filière et à mettre en place la logistique adéquate
», conclut Christophe Thévenon.
Séverine Renard