Le système communicant de détection d’ouvrages enterrés mis au point par RYB a été une nouvelle fois récompensé lors du salon Expogaz. Cette innovation permet de détecter les réseaux de canalisation enterrés jusqu’à une profondeur de 1,50 mètre.
Partie 1
Eliot : la RFID au service de la détection de réseaux
Partie 2
RYB : Une cinquantenaire au parcours atypique
Partie 3
Une entreprise à la santé florissante
PME iséroise spécialisée dans les systèmes de canalisations et réseaux en polyéthylène pour l’eau, le gaz, l’électricité et les télécommunications, RYB devrait lancer début 2012 la commercialisation de son système Eliot. Développé en collaboration avec le CEA-Leti de Grenoble, ce système de détection et de communication sans fil pour les réseaux de canalisation enterrés a nécessité trois ans de R&D et plusieurs millions d’euros d’investissement. « Eliot, qui signifie Equipement de Localisation et d’Identification des Ouvrages en Terre, fonctionne grâce à la technologie RFID pour détecter et identifier tous les types de réseaux ou d’ouvrages enterrés jusqu’à 1,50 mètre de profondeur dans n’importe quel type de sol »
, explique Marc-Antoine Blin, directeur général de RYB.
Protégé par plusieurs brevets internationaux, cette innovation se présente soit sous la forme d’une puce RFID directement implantée dans les réseaux neufs en PEHD, soit sous la forme d’un marqueur qui peut être installé sur tous les réseaux existants. En surface, l’opérateur, équipé d’un détecteur qui envoie des signaux, accède à toutes les informations utiles sur le réseau enfoui : date de fabrication, dernière intervention, type de canalisation, diamètre, réseaux environnants, localisation en trois dimensions avec une précision de quelques centimètres… « La gamme de base permettra d’identifier et de tracer la canalisation. Des champs supplémentaires pourront être insérés à la demande »
, souligne Marc-Antoine Blin qui assure que le produit sera compétitif en termes de prix. Pour mettre au point Eliot, RYB a également travaillé avec GDF Suez et conduit des essais sur la plateforme expérimentale du groupe.
Avec Eliot, RYB nourrit de sérieuses ambitions et mène actuellement une campagne de prescription en direction des exploitants de réseaux et des maîtres d’œuvre. « Notre produit a vocation à s’exporter. Nous ciblons l’Europe et le Moyen-Orient »
, fait savoir le directeur général.
Dynamique et innovante, la PME de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs en Isère a connu de nombreux rebondissements au cours de son histoire. Créée en 1962 par Raymond et Yvette Bommer, RYB, spécialisée à l’origine dans les gaines plastiques pour les câbles électriques, diversifie peu à peu sa production dans les tubes polyéthylène pour l’adduction d’eau potable au début des années 1980 puis offre une nouvelle gamme de gaines de protection pour les réseaux électriques à l’aube des années 1990. A cette époque, la santé florissante de l’entreprise familiale suscite l’intérêt du groupe finlandais Uponor. En 1992, RYB passe dans le giron du groupe international et devient Uponor France. Sous l’impulsion de sa maison-mère, l’entreprise se développe dans les gaines de protection pour fibre optique et réseaux télécoms ainsi que dans les tubes polyéthylène pour le transport du gaz. Marqué par une succession de dirigeants et d’exercices déficitaires, l’avenir de l’entreprise iséroise s’obscurcit brutalement en 2004 avec l’annonce par Uponor d’un vaste plan de restructuration et de la fermeture de l’usine de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs.
C’était sans compter la mobilisation en interne. Bernard Vinoy, alors directeur de production, et Marc-Antoine Blin, directeur administratif et financier, croient au potentiel de l’entreprise et présentent un projet de reprise, sous forme d’un MBO, qui sera accepté par les dirigeants d’Uponor. « En 2005, nous avons donc racheté l’entreprise qui a repris le nom de RYB. Nous n’avons procédé à aucun licenciement et remis l’entreprise sur les rails de la croissance »
, se souvient Marc-Antoine Blin, qui occupe depuis le poste de directeur général.
Aujourd’hui, RYB propose une gamme complète de solutions dans les domaines de l’eau potable, l’irrigation, l’assainissement, le gaz, les télécoms, les énergies renouvelables et la distribution chauffage. Chaque année, la société produit ainsi 50 000 kilomètres de tubes et canalisations. « Depuis le rachat, nous nous sommes développés à l’export. Nous avons des représentations commerciales en Allemagne, en Espagne, en Suisse et au Bénélux. Nous disposons aussi d’un département Export qui mène des projets en Afrique et au Moyen-Orient »
, affirme le directeur général.
Pour faire face à la forte demande, RYB a même racheté en 2010 une usine de production de canalisations au groupe hollandais Wavin et possède deux sites de production : Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs (Isère) et Sully-sur-Loire (Loiret). « Nous avons des projets d’agrandissement sur ces deux sites »
, ajoute Marc-Antoine Blin. L’entreprise, qui revendique la place de leader français des tubes et canalisations en polyéthylène, emploie à ce jour 150 personnes et réalise 60 M€ de chiffre d’affaires. « Ce périmètre prend en compte la société Kulker, spécialisée dans la fourniture de solutions complètes pour l’irrigation, que nous avons acquise cette année »
, complète le directeur. RYB, qui fêtera ses cinquante ans l’an prochain, fait donc preuve d’une belle vitalité.
Séverine Renard