Réforme des textes sur la sécurité des travaux à proximité des réseaux

Le 22 septembre 2011

A l’occasion du salon Expogaz, qui s’est tenu à Paris du 13 au 15 septembre, Jean Boesch (Direction générale de la prévention des risques) et Michel Treins (Ineris) sont intervenus lors de la journée technique sur les travaux à proximité des réseaux et l’ensemble des nouveautés du décret DICT.


Réforme des textes sur la sécurité des travaux à proximité des réseaux

Partie 1 Témoignage de Jean Boesch
Partie 2 Témoignage de Michel Treins


Pourquoi le ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement a-t-il pris en charge la refonte du décret sur les DR/DICT ?


Un plan d’actions était nécessaire pour éviter de nouveaux accidents dramatiques. En 2007 et 2008, plusieurs accidents ont causé la mort de deux personnes et fait une centaine de blessés. Il fallait agir pour donner aux différents acteurs les moyens de travailler dans de bonnes conditions malgré l’entrelacs des réseaux. Rappelons que la France compte 4 millions de kilomètres de réseaux dont 1/3 en aérien et 2/3 en enterré ou subaquatique. 40 % sont des réseaux jugés sensibles pour la sécurité. Chaque année, entre 5 et 10 millions de chantiers font l’objet d’envois de DR/DICT et nous recensons plus de 100 000 endommagements. Avec 400 accidents enregistrés par jour ouvrable, la France est mauvaise élève dans le paysage européen.


Quelles sont les forces et les faiblesses du dispositif actuel ?


Le décret du 14 octobre 1991 est unique pour tous les acteurs, maîtres d’ouvrage, entreprises de travaux et exploitants de réseaux, et unique pour tous les types de réseaux. C’est un vrai atout. Les principales faiblesses sont un système de recensement des réseaux et de leurs exploitants éclaté dans les 36 000 communes de France, mais aussi des maîtres d’ouvrage peu impliqués dans la préparation des travaux près des réseaux et un manque de précision fréquent dans les informations fournies par les exploitants.


Quels sont les axes de la réforme ?


La réforme, qui vise notamment à mieux répartir les responsabilités entre les maîtres d’ouvrage, les exploitants de réseaux et les entreprises de travaux, s’articule autour de trois axes : la création du Guichet unique, la mise en place d’un observatoire national des DT/DICT et la refonte du décret de 91. L’observatoire national des DT/DICT a pour but de sensibiliser les acteurs, d’assurer la promotion de la dématérialisation, de faire des retours d’expérience… La refonte du décret entraîne plusieurs changements en développant de nouvelles obligations et en créant de nouveaux outils : la mise en place des investigations complémentaires pour une meilleure préparation des chantiers, la création de fonds de plan mutualisés, le renforcement du dossier de consultation des entreprises pour des informations plus poussées, l’instauration d’un guide technique délivrant des recommandations pour la préparation et l’exécution des chantiers, la formation et le contrôle des compétences des intervenants, l’application de sanctions sous forme d’amende administrative… Des expérimentations sont menées à Orléans et Perpignan pour ajuster et améliorer les futurs textes. Le Guichet unique est un élément essentiel du dispositif et je laisse à Michel Treins le soin de le présenter.


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