Environ 884 millions de personnes n’ont pas d’accès à l’eau potable et plus de 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à des services d’assainissement de base en 2010 (selon l’Assemblée générale de l’ONU dans sa résolution 64/292.
Partie 1
Accès à l’eau potable et à l’assainissement, état des lieux
Partie 2
Le point de vue de la France
Partie 3
Le droit à l’eau et à l’assainissement, la Résolution A/RES/64/292
Partie 4
Qu'est ce que l'OMD - Objectif du Millénaire pour le Développement
Partie 5
Focus sur l'objectif 7C : Accès à l'eau potable
Environ 884 millions de personnes n’ont pas d’accès à l’eau potable et plus de 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à des services d’assainissement de base en 2010 (selon l’Assemblée générale de l’ONU dans sa résolution 64/292, voir ci-dessous).
La garantie de l’accès à l’eau potable est une des cibles des Objectifs du millénaire pour le développement. Il s’agit de l’objectif 7.C :
« Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas d’accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base » .
Le 28 juillet 2010, une résolution reconnaissant un droit à l’accès à une eau potable salubre et propre a été adoptée à l’Assemblée Générale. Le texte (A/RES/64/292) a reçu le vote favorable de 122 pays, dont la France. 41 se sont abstenus et aucun Etat ne s’y est opposé. Cette résolution reconnait le droit à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit de l’Homme essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’Homme.
Elle place les Etats et les organisations internationales comme garants de ce droit et insiste sur la coopération et l’assistance internationales.
Enfin, la résolution salue la décision du Conseil des droits de l’Homme qui prévoit un rapport annuel à l’Assemblée générale par l’experte indépendante du Conseil des droits de l’Homme.
La France se réjouit du vote de la résolution 64/292. La mise en œuvre de ce droit à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement constituera un enjeu majeur du Forum mondial de l’eau à Marseille en mars 2012. Cette adoption a donné lieu à la déclaration suivante du porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes :
Le Conseil des Droits de l’Homme à Genève a également adopté une résolution sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement le 30 septembre 2010.
"La France salue l’adoption par consensus, le 30 septembre dernier d’une résolution sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement qu’elle a coparrainée.
Ce résultat constitue un succès et s’inscrit dans la continuité de la résolution 64/292 adoptée par l’AGNU le 28 juillet dernier. Il donne une impulsion forte au travail accompli depuis plusieurs années par le CDH et l’experte indépendante, Mme de Albuquerque sur cette question essentielle dont dépend la vie de milliards d’individus privés d’accès à une eau potable de qualité et à un assainissement décent.
"Le droit à l’eau potable et à l’assainissement avait été reconnu comme un droit de l’homme par les Nations unis. La résolution du CDH la complète et précise ses principaux contours. Elle ancre notamment le droit à l’eau et à l’assainissement au droit à un niveau de vie digne et adéquat. Elle insiste également sur la responsabilité première des Etats : il revient à la puissance publique de chaque Etat de mettre en place une organisation adaptée et d’exercer son contrôle, pour que les services soient fournis dans des conditions propres à la réalisation effective de ce droit et ce, quel que soit le statut des opérateurs (publics, privés, associatifs) chargés de leur fourniture.
"L’émergence d’un consensus sur la nécessité de passer de la théorie à la mise en œuvre est très positive : la France entend continuer à travailler dans le sens d’une adhésion pleine et entière de tous les acteurs responsables du droit à l’eau potable et à l’assainissement.
"La France, qui accueillera à Marseille le 6è Forum mondial de l’eau en mars 2012, souhaite que ce rendez- vous permette d’avancer plus avant sur la concrétisation de ce droit universel à l’eau potable et à l’assainissement, élément central pour atteindre tous les Objectifs du millénaire pour le développement et notamment ceux de la santé maternelle et infantile."
Résolution adoptée par l’Assemblée généraledes Nations Unies, débat général de la 64e session de l’Assemblée générale
Extraits
"L’Assemblée générale, (...),
Notant avec une vive préoccupation qu’environ 884 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et que plus de 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à des services d’assainissement de base, et relevant avec inquiétude que près de 1,5 million d’enfants âgés de moins de 5 ans meurent et 443 millions de jours d’école sont perdus chaque année du fait de maladies d’origine hydrique ou liées à l’absence de services d’assainissement,
Constatant
l’importance que revêt l’accès équitable à l’eau potable et l’assainissement, qui fait partie intégrante de la réalisation de tous les droits de l’homme,
Ayant à l’esprit
l’engagement pris par la communauté internationale de réaliser tous les objectifs du Millénaire pour le développement et soulignant, à cet égard, la ferme volonté des chefs d’État et de gouvernement, telle qu’exprimée dans la Déclaration du Millénaire, de réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion des personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable ou n’ont pas les moyens de s’en procurer et, comme convenu dans le Plan de mise en oeuvre du Sommet mondial pour le développement durable (« Plan de mise en oeuvre de Johannesburg »), de celles qui n’ont pas accès à des services d’assainissement de base,
1. Reconnaît que le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit fondamental, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme ;
2. Demande aux États et aux organisations internationales d’apporter des ressources financières, de renforcer les capacités et de procéder à des transferts
de technologies, grâce à l’aide et à la coopération internationales, en particulier en faveur des pays en développement, afin d’intensifier les efforts faits pour fournir une eau potable et des services d’assainissement qui soient accessibles et abordables pour tous ;
(...)
Consulter la Résolution 64/292
Les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), ont été adoptés lors du Sommet du Millénaire qui s’est déroulé du 6 au 8 septembre 2000, au Siège des Nations Unies à New York.
Les Objectifs définissent les besoins humains que chacun dans le monde devrait voir satisfaits et les droits fondamentaux dont chacun devrait pouvoir jouir : une vie à l’abri de la pauvreté extrême et de la faim, une éducation de qualité, un emploi productif et décent, une bonne santé et un logement, le droit pour les femmes de donner naissance sans y risquer leur vie, un monde où l'environnement durable est une priorité et où femmes et hommes sont sur pied d’égalité. Les dirigeants se sont aussi engagés à former un partenariat mondial de grande envergure en faveur du développement afin d’atteindre ces objectifs universels.
La Déclaration du Millénaire représente la promesse la plus importante jamais faite aux populations les plus pauvres
du monde. Le cadre de responsabilisation des OMD qui découle de cette déclaration a engendré un niveau sans précédent d’engagements et de partenariats pour permettre à des milliards d’individus de mener une vie décente et plus saine et pour créer un environnement qui contribuera à la paix et la sécurité.
Les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement sont les suivants :
• Réduire l'extrême pauvreté et la faim
• Assurer l'éducation primaire pour tous
• Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
• Réduire la mortalité infantile
• Améliorer la santé maternelle
• Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies
• Préserver l’environnement
• Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Le débat de la 64e session de l’Assemblée générale est une étape cruciale dans le suivi des progrès réalisés vers les Objectifs du millénaire pour le développement.
L'objectif 7 s'intitule "Assurer un environnement durable".
Une partie (7C) s'intéresse à l'accès à l'eau potable et à l'assainissement.
Objectif :
Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas d’accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base.
• Au niveau mondial, on est sur la bonne voie pour atteindre la cible concernant l’eau potable, bien qu’il reste beaucoup à faire dans certaines régions.
• Des mesures accélérées et ciblées sont nécessaires pour amener l’eau potable dans tous les foyers ruraux.
• L’approvisionnement en eau salubre reste un défi dans beaucoup d’endroits du monde
• La moitié de la population des régions en développement ne bénéficiant d’aucun assainissement, la cible de 2015 semble hors de portée
• Les disparités entre zones urbaines et rurales restent inquiétantes en ce qui concerne la couverture de l’assainissement
• Les pauvres sont les laissés pour-compte des améliorations dans le domaine de l’assainissement
Où en sommes-nous ?
Comme la moitié de la population des régions en développement n’a pas un assainissement de base, la cible de 2015 semble hors de portée. Au rythme actuel, le monde n’atteindra pas la cible visant à diminuer de moitié la population n’ayant pas accès à un assainissement de base comme des toilettes ou des latrines.
En 2008, quelque 2,6 milliards d’habitants de la planète n’avaient pas accès à un assainissement amélioré.
Si la tendance se maintient, ce chiffre passera à 2,7 milliards en 2015. De larges disparités existent entre les régions, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud restant à la traîne. Des données récentes montrent que 69 et 64 pour cent de leurs populations respectives ne bénéficient toujours pas de cet accès.
Et l’écart entre zones rurales et urbaines reste immense, surtout en Asie du Sud, en Afrique subsaharienne et en Océanie.
Les Faits :
Quelque 1,7 milliard de personnes ont eu nouvellement accès à de l’eau potable et salubre depuis 1990. Pourtant 884 millions d’individus dans le monde n’ont toujours pas d’accès à l’eau potable et 2,6 milliards n’ont pas accès à des services d’assainissement de base comme des toilettes ou des latrines.
Ce qui a marché :
• Installer des systèmes d’alimentation en eau au Brésil, au Burkina Faso et au Sri Lanka :
Depuis 2002, le Brésil a mis en place le programme « Un million de citernes rurales » pour apporter de l’eau salubre à environ 36 millions de personnes vivant dans le nord-est semi-aride du pays. Le Burkina Faso a installé un château d’eau et un système de canalisations pour 1300 villageois en 2006, et chaque ménage dispose depuis de 20 litres d’eau potable bon marché par jour. Et au Sri Lanka, l’installation de citernes pour récolter l’eau de pluie a permis aux ménages d’épargner environ 31 dollars par mois.
• Étendre les bonnes pratiques en matière d’assainissement au Kirghizistan :
Au Kirghizistan, un projet communautaire s’est focalisé sur la promotion des bonnes pratiques en matière d’assainissement et d’hygiène dans le nord rural, où près d’un tiers des enfants étaient infectés par au moins un parasite intestinal. Une alimentation en eau améliorée pour les écoles et une éducation à l’hygiène ont contribué à faire baisser de 76 pour cent l’incidence de giardiase dans les villages couverts par le projet.
Que fait l’ONU ?
• Le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) aide les États et partenaires à mettre en œuvre des systèmes communautaires de surveillance de la qualité de l’eau pour éliminer des contaminants comme les matières fécales humaines, l’arsenic, le fluor et les nitrates. L’UNICEF promeut aussi une série d’installations bon marché pour l’assainissement, l’eau et le lavage des mains et aide à améliorer l’assainissement et à promouvoir l’hygiène, comme le lavage des mains, à l’école.
• Dans la région arabe, la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (CESAO) a été chargée par le Conseil ministériel pour l’eau de la Ligue des États arabes de veiller à la création d’un mécanisme régional pour la surveillance des cibles relatives à l’alimentation en eau et l’assainissement et des indicateurs y relatifs dans les pays arabes.
Consulter le rapport 2010 sur l’Objectif 7
.