Les contrôleurs de réseaux d'assainissement
Le 13 janvier 2010
En France, 330 000 kilomètres de canalisations collectent les eaux usées et les eaux pluviales. La moitié des réseaux d’eaux usées en France est aujourd’hui âgé de 50 ans et plus (selon une étude menée par l’Office International de l’eau). Les réseaux d’assainissement les plus anciens se situent en centre ville. Ceux posés dans les années 50-60, en période de forte extension urbaine, arrivent aujourd’hui en fin de cycle de vie.
Le Syndicat National des Contrôleurs de Réseaux d'Assainissement (SYNCRA) regroupe les entreprises spécialisées dans le contrôle des réseaux d'assainissement, les tests d'étanchéité à l'eau, à l'air, les tests de compactage et l'inspection télévisée.
Il a notamment pour mission d'être l'interlocuteur des agences de l'eau dans l'élaboration et la mise en œuvre des cahiers des charges pour le contrôle de conformité des réseaux d'assainissement, protocoles, chartes de qualité.
Partie 1
Les principales missions des contrôleurs de réseaux d’assainissement
Partie 2
Le diagnostic des réseaux anciens.
Partie 3
La réception de réseaux neufs
Observer ce qui se passe dans une canalisation enterrée de moins de trente centimètres de diamètre, c'est à priori impossible. Pourtant, des techniques de pointe ont été développées pour assurer le contrôle et l'inspection des réseaux. Les entreprises spécialisées dans ce type de prestations peuvent désormais détecter tous les problèmes. Grâce à des techniques de pointe, le monde souterrain de l'assainissement est aujourd’hui entièrement visitable ; son entretien se fait de manière plus préventive.
Les contrôleurs ont 3 grandes missions.
- Contrôler les réseaux d’assainissement nouvellement posés pour aider le maître d’ouvrage et son maître d’œuvre éventuellement, à prononcer la réception du réseau d’assainissement.
- Contrôler et surveiller les réseaux existants. La bonne gestion d’un réseau d’assainissement passe par une surveillance constante.
- Etablir un diagnostic des réseaux existants quand la collectivité a un projet de renouvellement, de redimensionnement, d’extension. Il convient alors de faire le bon choix entre réhabilitation et remplacement du réseau existant.
L’arrêté du 22 juin 2007
introduit et rappelle la surveillance de l’état des réseaux. Il demande aux collectivités locales de suivre le réseau tout au long de sa vie et de mesurer ses performances.
L’inspection télévisée de réseaux anciens sera la technique le plus souvent utilisée par les collectivités pour surveiller, gérer et suivre son réseau tout au long de sa vie et s’assurer de son bon fonctionnement. Un réseau d’assainissement est posé pour une durée approximative de 50 ans.
La qualité du diagnostic est primordiale puisqu’il permettra aux collectivités de faire les bons choix.
Qu’est ce qu’un bon diagnostic visuel de réseaux anciens ?
- Un diagnostic fait sur un réseau préalablement curé
- Le choix d’un opérateur bien expérimenté. C’est l’opérateur qui va préconiser les choix données ensuite à la collectivité. Une grande expérience est donc indispensable.
- Une vitesse d’inspection modérée permettant de ne pas omettre de défaut. On estime qu’une vitesse convenable d’inspection ne doit pas dépasser les 450 mètres de réseaux par jour. Au-delà, la qualité du diagnostic peut être mise en doute.
- Une analyse fine du rapport et de la synthèse qui en est faite par le contrôleur.
La réception de réseaux neufs est pratiquée depuis 1995 et doit se faire sur la base de 3 tests principaux :
- L’inspection télévisée du réseau
- Le contrôle de l’étanchéité du réseau.
Ces trois points nécessaires à la bonne réception des réseaux neufs sont obligatoires pour les collectivités depuis 1994 et ont été redéfinit dans l’arrêté du 22 juin 2007
.
L’arrêté du 22 juin 2007
est important dans la profession puisqu’il va préciser certains points :
- L’organisme de contrôle qui réceptionne le réseau d’assainissement doit être indépendant de l’entreprise réalisatrice, évidence pour ne pas être à la fois juge et partie. Le contrôleur doit être mandaté par le maître d’ouvrage et agréé COFRAC. Ces dispositions sont obligatoires et en vigueur depuis avril 2009.
- Le contrôleur doit mettre en place un système normalisé de surveillance du système de collecte : manuel d’auto surveillance, contrôle annuel du dispositif de surveillance et vérification annuelle des performances du réseau.
La recherche de l’organisme de contrôle doit se faire au même moment que celle de l’entreprise de pose de réseaux. La consultation doit être simultanée. Encore trop souvent, le contrôleur est consulté et sollicité en fin de projet ce qui lui laisse des délais beaucoup trop courts pour une intervention de qualité.