La FNTP redoute une panne sèche sur le crédit
Le 02 février 2012
La FNTP prend acte des dernières avancées concernant Dexia, la Caisse des dépôts et la Banque postale et qui devrait permettre la mise sur pied d'une nouvelle banque des collectivités locales, codirigée par la CDC (actionnaire à 35 %) et la Banque postale (65 %), destinée à prendre le relais de Dexia crédit local (DCL) auprès des communes, départements et régions de France.
Patrick Bernasconi s’alarme néanmoins du fait, qu’à court terme, le risque de panne sèche sur le crédit perdure. Par ailleurs, il s’inquiète aussi de voir que la nouvelle banque qui se dessine (au montage complexe du point de vue juridique, financier et humain) ne pourra répondre aux demandes d’emprunt des SEM, des syndicats d’eau et d’électrification, ni de faire du financement de projets (PPP) ou d’assurer les crédits de court terme des collectivités, soit environ 45 % des besoins de financement local.
Dans une hypothèse optimiste, la nouvelle banque ne se mettra en place, et progressivement, qu’au deuxième semestre, et ne saura donc répondre qu’à une partie du besoin de financement de l’année. Le gap qui va apparaître dans les prochaines semaines se monte à 12 Md€.
Pour la FNTP, beaucoup d’interrogations subsistent :
- Si l’on demande à la Caisse des dépôts de pallier le risque de « credit crunch » au premier semestre, sera-t-elle en capacité de répondre à la diversité des besoins des collectivités locales ? Autrement dit, dispose-t-elle des savoir-faire, des équipes compétentes et du back office informatique pour apprécier les risques et traiter les demandes des collectivités dans toute leur variété de taille, de besoin et de situation ?
- Quelle solution est envisagée pour les 10 Md€ d’emprunt dont ont besoin les SEM, les syndicats d’eau ou d’électrification, le financement de projet et les crédits de court terme ?
- Est-on sûr que le montage de la future banque des collectivités locales autour de trois entités est la solution efficiente, en termes d’ingénierie juridique, fiscale, informatique, sociale et de risque opérationnel ?
La réponse à ces questions est indispensable pour lever l’hypothèque sur l’activité et l’emploi dans les travaux publics, secteur qui dépend à 45 % des commandes effectuées par les collectivités locales. Si rien n'est fait, l’activité du secteur des travaux publics en lien avec les collectivités locales pourrait diminuer de 10 à 20 % dans les mois à venir, ce qui entraînerait la suppression d’environ 10 000 emplois permanents.
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