Le dossier noir du risque amiante dans les écoles

Le 06 février 2020

Selon un fichier de l’éducation nationale révélé lundi par le journal « Libération », la majorité des établissements scolaires construits avant 1997 contiennent ces fibres cancérigènes, sans toujours respecter les procédures de sécurité.


 Le dossier noir du risque amiante dans les écoles

Partie 1 Le dossier noir du risque amiante dans les écoles

Selon un fichier de l’éducation nationale révélé lundi par le journal « Libération », la majorité des établissements scolaires construits avant 1997 contiennent ces fibres cancérigènes, sans toujours respecter les procédures de sécurité.


Loin d’être écarté, le risque amiante est plus que jamais présent dans les écoles, selon les données publiées, lundi 3 février, par le journal Libération.


La majorité des collèges et des lycées et de nombreuses écoles primaires et maternelles contiennent encore de l’amiante, selon un fichier interne à l’éducation nationale exploité par le quotidien, qui signale en outre de nombreuses situations où les mesures de précaution imposées par la loi (diagnostic régulier, protection en cas de travaux) ne sont pas respectées.


Ces données sont tirées d’une enquête réalisée en 2016 par l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (ONS), à la demande du ministère de l’éducation nationale. Selon les extrapolations du journal à partir des 20 000 réponses de cette enquête interne (soit environ un tiers du parc scolaire), 80 % des lycées professionnels, 77 % des lycées généraux et technologiques, 73 % des collèges et 38 % des écoles contiendraient de l’amiante.


L’usage de l’amiante a été interdit en France au 1er janvier 1997. Les écoles dont le permis de construire a été délivré avant cette date sont soumises à l’obligation de constituer un « dossier technique amiante » tenu à jour, cartographiant la présence de la fibre longtemps utilisée comme isolant, responsable de plusieurs types de cancers, notamment lorsqu’elle est inhalée ou ingérée.


En novembre dernier, déjà, Le Monde avait relevé l’inquiétude liée à la mauvaise application de la loi dans des écoles maternelles et élémentaires souvent infestées d’amiante, sur la base d’un rapport confidentiel remis au ministère de l’éducation nationale.


Des directeurs d’école impuissants


Selon les données exploitées par Libération, sur 19 922 établissements ayant répondu à l’enquête de l’ONS, 12 418 avaient fait réaliser un « dossier technique amiante ». Quand ils existent, ces dossiers sont rarement tenus à jour tous les trois ans, comme la loi le requiert, note Libération. Et parmi ces dossiers, 7 261 faisaient état de la présence d’amiante, sans pour autant prescrire de travaux dans la plupart des cas (6 121).


Tant qu’il est calfeutré, l’amiante ne présente pas de danger direct pour la santé, mais avec l’usure des bâtiments, les risques d’exposition augmentent. Libération rapporte notamment le cas d’un directeur d’école, témoin impuissant de fissures importantes dans son établissement amianté, et de travaux de mise aux normes accessibilité réalisés sans protection particulière avant la rentrée.


Un outil compilé par le journal permet en outre de vérifier la présence d’amiante dans un établissement, si ce dernier a répondu à l’enquête. Une manière de vérifier que du lycée Henri-IV à Paris, à l’école élémentaire Edouard-Caniaux à Chateaudun en passant par le collège Lamartine à Toulouse, rares sont les établissements épargnés.


En 2014, le Haut Conseil de la santé publique estimait que l’amiante reste susceptible de tuer entre 68 000 et 100 000 personnes en France entre 2009 et 2050.


Source : lemonde.fr


2008 © La Vie des Réseaux. Tous droits réservés.