Engie a inventé un nouveau biogaz

Le 23 novembre 2020


Engie (ex GDF-Suez) se fixe pour objectif de ne plus distribuer de gaz naturel d’origine fossile. Aux méthaniseurs, qui se développent déjà et sont alimentés par des matières premières humides, Engie ajoute un nouveau procédé, qui produit le même gaz, mais à partir de bois.




10 %, c’est la part de biogaz produit aujourd’hui par Engie (270 GWh/an sur un total de 2 637 GWh/an). Mais l’objectif du géant français du gaz, c’est bien, en 2050, de s’affranchir du méthane fossile et de vendre 100 % de gaz d’origine renouvelable. L’enjeu n’est pas mince : le gaz naturel représente 15 % de la consommation primaire d’énergie en France.


On connaît déjà les méthaniseurs qui, dans les fermes ou les agglomérations, récupèrent le méthane qui se dégage par la décomposition des déchets végétaux ou animaux.


« Abondance de la matière »


À cette solution, adaptée à des produits humides et tendres, Engie en ajoute une qui exploite les matériaux durs et secs. "Il s’agit de produire du méthane à partir de toute matière sèche contenant de la lignocellulose", explique Alessandra Barba, responsable du laboratoire biomasse chez Engie. Produits forestiers, déchets agricoles, à base de papier, de bois, vieux meubles, palettes et même noyaux sont exploitables. "L’abondance de la matière a été estimée par Engie, qui évalue à 40 % la part de gaz naturel qu’il pourrait ainsi produire." La technologie est au point. "Notre démonstrateur, Gaya, situé à Saint-Fons, près de Lyon, a produit ses premiers mètres cubes fin 2019." Une usine aboutissant au même résultat existe déjà en Suède (GoBiGas).


Alessandra Barba indique que les innovations apportées par Engie permettent, par rapport à l’équipement de Göteborg, "une meilleure intégration et une réduction des coûts d’installation et d’exploitation". Parmi les technologies critiques, la "méthanation" et la "pyrogazéification" des matières premières, entre 700 et 900°C, dans des "réacteurs" inventés par Engie. "Le rendement final est excellent, autour de 80 %, le procédé n’émet aucun gaz toxique et produit, outre un peu de cendres, du gaz naturel utilisable dans le réseau ou comme carburant pour véhicule, tout en émettant de la chaleur récupérable." Engie croit fermement dans cette technologie. "La décision a été prise d’investir dans une unité qui pourrait assurer une production à l’échelle industrielle à partir de 2023."


Source : ouest-france.fr



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